Bon baiser du Japon

Cités Nouvelles  22 Aug 2018  ÉRICK RÉMY erick.remy@tc.tc

L’artiste-peintre de l’Ouest-de-l’Île, Denise Buisman Pilger, se fait lentement et sûrement un nom à Nagoya avec ses oeuvres qui récoltent une bonne dose d’appréciation de la part des Japonais.

L’artiste-peintre de l’Ouest-de-l’Île, Denise Buisman Pilger, se fait lentement et sûrement un nom à Nagoya avec ses oeuvres qui récoltent une bonne dose d’appréciation de la part des Japonais.

ART VISUEL. Denise Buisman Pilger, résidente de l’Ouest-de-l’Île, profite d’un contrat de deux ans de son conjoint ingénieur en aéronautique à Nagoya au Japon, pour s’y faire une place en tant qu’artiste-peintre. Par son style, la Canado-Néerlandaise, étonne, ravit et repousse les limites de l’art au pays du Soleil-Levant.

« Parce que mes oeuvres exultent une forme de puissance, les gens sont surpris d’apprendre qu’elles sont  peintes par une femme. Et la taille de

 

mes toiles est beaucoup plus grande que celles des Japonais qui, par manque d’espace, dépassent rarement la taille d’une feuille de papier de format régulier ou légal », mentionne par Skype Denise Buisman Pilger, qui réside au Japon depuis un an.

Ses toiles en noir et blanc, avec des touches de couleurs vives, mêlent photos et peinture acrylique. Créées à partir de clichés qu’elles captent, surtout de scènes urbaines, elles montrent des quartiers grouillants

deNew York, San Diego, Toronto, Montréal et d’autres grandes villes qu’elle a visitées au Japon.

« Je suis probablement la pire personne avec qui voyager. Je passe mon temps à prendre des photos. Lors de visites guidées, les gens regardent d’un côté et moi de l’autre essayant de trouver un angle ou une scène différente », dit-elle en riant ajoutant qu’elle ne prend jamais de photos que pour le plaisir.

SE FAIRE UNE PLACE

Cette artiste-globe-trotter, représentée entre autres par la Galerie d’art Viva Vida de Pointe-Claire, a reçu l’invitation à exposer ses toiles dans l’espace culturel nouvellement créé de l’édifice d’ITbM, une entreprise en recherche et développement en transformation biomoléculaire. Situé sur le campus de l’Université de Nagoya, une ville de plus de trois millions d’habitants, à mi-chemin entre Kyoto et Tokyo, il est fréquenté par des scientifiques et étudiants du monde entier.

«J’avais déjà exposé quelques toiles ici lors d’expositions de collectifs d’artistes étrangers. Cependant, c’est la première fois que l’on me consacre un vernissage solo », mentionne l’artiste dont l’exposition, du 23 août au 25 septembre, s’appelle Foreign Views - Regards étrangers.

Bien que les Japonais soient très attachés à leurs traditions, ils sont également fascinés par tout ce qui

vient de l’extérieur.

« Ici, l’originalité est quelque chose d’unique. La culture japonaise leur enseigne à tout faire selon des règles précises. Même dans leur art, ils reproduisent ce qui leur a été enseigné. Par la force des choses, ils ont donc une grande appréciation de la créativité », explique Mme Buisman Pilger.

RÉACTIONS

On serait porté à croire, étant donné leur éducation stricte, qu’ils doivent être peu démonstratifs devant son art, mais il n’en est rien.

« Il n’est pas rare qu’ils fassent des commentaires à haute voix et leur langage corporel est très éloquent. Après avoir lu très attentivement ma biographie, souvent, c’est de très près qu’ils regardent tous les détails de mes toiles », explique l’artiste-peintre qui apprécie la gentillesse et la politesse des gens et qui apprend la langue du pays afin de pouvoir mieux communiquer avec les Japonais.

En mai dernier, l’une des toiles de l’artiste, Treasure of Tranquility, a remporté le prestigieux prix du ministre japonais des Affaires étrangères, une première pour une artiste de l’étranger, lors de l’exposition collective du 18e Global Artist Movement au Toyota Municipal Museum of Art dans la ville du même nom.